
D'Évreux aux agents IA
Je n'ai pas de diplôme d'ingénieur. J'ai vingt-cinq ans de systèmes qui tournent. Voici comment l'un a remplacé l'autre.
Deux dixièmes
J'ai grandi à Évreux, dans une famille modeste. Rien ne me destinait particulièrement à l'informatique. Après un bac scientifique en 1997, j'entre à l'IUT de Rouen, en DUT génie électrique et informatique industrielle, option réseaux locaux.
Deux ans plus tard, je ne l'obtiens pas. Ma moyenne est de 9,8 sur 20. Il manquait deux dixièmes.
L'usine
Je pars travailler en usine, chez Philips puis chez Diffusion Plus. Près de deux ans en production. C'est un travail où l'on ne discute pas avec la réalité : la ligne tourne ou elle s'arrête, et quand elle s'arrête, tout le monde le voit. Je ne le savais pas encore, mais c'est exactement la question qui allait occuper le reste de ma carrière.
Le premier échelon
En novembre 2000, j'entre chez Sogeti, filiale du groupe Capgemini, comme technicien support pour le compte d'Esso. Le premier échelon, tout en bas : les appels, les postes, les incidents du quotidien.
Sans diplôme, j'ai compris une chose très vite : personne ne me croirait sur parole. Il faudrait le prouver. Formation Cisco ICND en 2001, certification CCNA en 2002, examen Linux LPI en 2004, examen Cisco BCMSN en 2005. Chaque certification ouvrait une porte que le diplôme manquant avait fermée.
En 2005, je passe au support de niveau 2 chez Société Générale Asset Management, puis j'administre les réseaux de Cegetel et de Bouygues Telecom.
Passer du côté de la sécurité
En 2006, je suis un cursus de sécurité des systèmes d'information et je me certifie sur Checkpoint (CCSA) et Bluecoat. Je deviens ingénieur sécurité, d'abord chez Orange Business Services, puis au sein du système d'information de SFR, puis au service réseau et sécurité de France 3.
En novembre 2007, je crée mon entreprise individuelle. C'est toujours sous ce même numéro que je facture aujourd'hui.
Des systèmes qui n'ont pas le droit de tomber
Pendant huit ans, je travaille sur les systèmes d'information de grands comptes, comme ingénieur puis comme architecte réseau et sécurité :
- pour l'informatique de la Caisse des Dépôts, l'optimisation du réseau étendu puis la refonte des cœurs de réseau des datacenters ;
- pour le GIE Sesam-Vitale, celui de la carte Vitale, une étude sur la répartition de charge de ses applications ;
- pour le Club Med, l'exploitation des zones exposées à internet, le traitement des incidents de sécurité et l'analyse quotidienne des journaux ;
- pour Bouygues Immobilier, avec Telindus, l'architecture sécurité et la refonte des datacenters ;
- pour CNP Assurances, la migration complète du réseau et la centralisation de la téléphonie ;
- avec Atos à Valbonne, la conception de la nouvelle infrastructure réseau de toutes les caisses régionales et nationales du Régime social des indépendants.
Sur ces infrastructures, j'ai appris la leçon qui guide encore tout mon travail :
Un système fiable n'est pas un système qui ne casse jamais. C'est un système surveillé par quelqu'un qui sait quoi faire quand ça casse.
Recommencer en bas de l'échelle
En 2016, installé à Nice, je quitte les datacenters pour le web. J'aurais pu me présenter comme un expert. Mon CV de l'époque porte un autre titre : « consultant SEO junior ».
Je reprends donc depuis le début. Je crée des sites pour des commerces niçois, j'édite mes propres sites de contenu, je me forme au copywriting et à l'inbound marketing, et j'obtiens la certification QASEO en 2019.
Le web, l'e-commerce, l'acquisition
Chez Cosmezine, boutique en ligne de cosmétiques naturels, je pilote le trafic : référencement naturel, Google Ads, e-mails automatiques de relance, réseaux sociaux, affiliation. En parallèle, je lance et je gère mes propres boutiques WooCommerce, et je donne des formations au web.
En 2019, je deviens le référent technique web et informatique d'un organisme de formation. C'est le début d'un long compagnonnage avec ce secteur, où je retrouve le problème que je connais le mieux : des outils qui doivent se parler, et des gens qui perdent leurs journées à les faire se parler à la main.
Quand les deux mondes se rejoignent
À force de relier des sites, des CRM, des plateformes de cours et des outils de signature, l'automatisation devient le cœur de mon travail. Je conçois des flux n8n et Make, puis des agents IA.
Et je retrouve mes réflexes d'ingénieur sécurité : gestion des erreurs, journaux, alertes, validation humaine avant chaque envoi. Une automatisation qui tombe en panne sans prévenir personne, c'est un incident qu'on découvre trois semaines trop tard.
Owepo et AEK Capital
C'est cette idée que porte Owepo : des automatisations et des agents IA pour les PME, conçus pour être surveillés et maintenus. En 2026, je crée AEK Capital, la holding qui réunit mes activités et qui achète, développe et revend des business en ligne.
Je n'ai jamais eu ce DUT. J'ai eu, à la place, vingt-cinq ans à faire tourner des systèmes. Et je crois toujours à la même chose qu'en 2000 : ce qui compte, ce n'est pas ce qu'on affiche, c'est ce qu'on sait faire tourner.
- Basé à
- Nice, Alpes-Maritimes
- Langues
- Français, arabe, anglais
- Certifications
- Cisco CCNA, Checkpoint CCSA, Bluecoat, LPI 101, QASEO, Google Ads
- Outils
- n8n, Make, agents IA, WordPress, WooCommerce
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